Campagne d'Earthdawn

2015

Bienvenue sur le site de la partie qui débutera d'ici peu.

Correspondances de Moska Disloque Tout

Son Histoire

Je suis Moska Disloque-tout.

Je suis un cavalier. Sans mon Dyre, je ne suis pas complet. Nous formons une unité dans la diversité. Je suis un cavalier depuis que Zwet m’a choisi, le lien s’est créé dans un enclos de ma compagnie quand pour la première fois Zwet m’a sauvé la vie. Un autre Dyre, le mâle dominant, allait mettre en pièce un rival, et je me suis interposé. Zwet a repoussé l’agresseur après que j’aie reçu quelques coups de cornes.
Je suis le fils de Sydora et d’Ornulf, un des petits derniers d’une grande famille, dans laquelle il n’était pas toujours facile de s’exprimer.  Surtout quand on est du genre pas causant.
Mes parents m’ont toujours cru muet, jusqu’à l’âge de six ans. Un ork du nom de Yeux de Bronze m’a posé la question : « pourquoi tu ne dis rien ? » et j’ai répondu : « parce que je n’avais rien d’important à dire. » Mais depuis, je me suis un peu rattrapé.

Yeux de Bronze était venu acheter des bêtes à mon père, et emmener mon grand frère Abjid rejoindre ses cavaliers nomades. C’est Yeux de Bronze qui a présidé mon initiation en tant qu’adepte. Mais c’est Zwet qui m’a choisi.

Le soir de mon initiation, il y a eu une grande fête dont je ne me rappelle rien, excepté le capharnaüm du lendemain. J’avais démoli une auberge en entier, sans doute qu’on nous avait servi un infâme brouet, ce qu’il ne faut jamais faire, parce que ça a tendance à me rendre un peu colérique. il n’est jamais bon pour un ork de ravaler son Gahad. Le lendemain, j’ai dû promettre à ma mère en furie que je ne boirais plus jamais d’alcool.

Mon éducation de cavalier, je la dois à un ami de Yeux de Bronze, qui est devenu aussi un ami : Leythrog. Il m’a appris ce que je sais : le lien qui se renforce avec son familier, la charge, les soins dont un dyre a besoin, etc. Ainsi que le maniement des armes, même si ma maladresse me joue encore trop souvent de mauvais tours.
Ceci est mon histoire. Elle est un peu courte, mais je ne suis pas encore bien vieux. Puis, je n’aime pas trop parler de moi, maman dit que ça ne se fait pas.

Mon autre histoire, vous la trouverez comptée par la plume d’Amras, un des membres de la compagnie des Manticores, qui lui sait trouver les mots qui conviennent.

Envoyé depuis la Ville de Daiche

Chère Maman,

Comme je te l’ai promis quand je suis parti du village, je t’écris maintenant pour te raconter mes dernière aventure, afin que tu puisses en faire profiter le clan, même si ils risquent de ne rien comprendre, c’est surtout pour te rassurer. Je sais que tu t’inquiètes vite quand je suis loin, mais ne t’affoles pas tout de suite : Zwet va bien. Je suis allé au rendez-vous fixé par Enghest blanche étoile, parce qu’à moins de vendre mon dyre, je n’aurais pas les moyens de rembourser les dégâts à l’auberge. Et je te jure, je n’ai pas bu d’alcool. Mon serment tient toujours. En plus, on a bien mangé, c’est assez rare dans une auberge, à moins qu’ils ne se soient rappelés que j’aime bien quand c’est bon. Et j’ai encore rien cassé, c’est un miracle.

J’ai rencontré des gens bizarres qui vont travailler avec moi. On doit retrouver des gens qui se sont perdus. C’est facile, tu sais que je piste bien. J’ai pas tout compris, mais il va falloir qu’on se déplace en volant et ça j’ai pas l’habitude. Mais Briss, un troll capitaine de vaisseau, ; m’a assuré que mon Dyre pourrait facilement monter sur le navire.

Il y avait à la table, en plus de Briss le troll, une naine, Wylga que j’aime bien parce qu’elle ne parle pas trop ; Balthazar, un elfe voleur ; une t’skrang qui fait des phrases (et que je ne comprend pas toujours) ; on a parlé de la mission confiée par un certain Elenassi, un elfe élémentaliste. Comme je t’ai dit, on doit retrouver un autre Elementaliste, un certain Thademrock. Et moi, ma mission, comme toujours, ce sera taper sur des gens si ça ne se passe pas bien. Tant qu’on ne me demande pas de parler trop…

ne fois la mission acceptée, nous avons embarqué en direction de Kratas, avec un arrêt à Daiche, parce que c’est pas une bonne idée d’arriver directement à Kratas. Le vol s’est presque bien passé. On a été attaqué par une sale bête, un genre de lion avec des ailes. On appelle ça une manticore. On a eu beaucoup de mal à la tuer, et j’ai pas mal essayé de la toucher sans trop de succès. Faut admettre que cette sale bête bougeait bien. Et il faut admettre aussi que, même si je tape très fort, je reste assez maladroit. Faut vraiment que je m’entraine un peu plus pour devenir plus adroit (et tu sais à quel point je peux être maladroit). Il faut vraiment que je profite de cette mission pour travailler mon habilité. Mais bon, on a enfin réussi à tuer la manticore, c’est l’arbalétrière T’Skrang qui l’a finalement abattue, et on a récupéré son cadavre. Au bout de sa queue, elle avait un grosse boule pleine de piques, je m’en suis servi pour fabriquer une nouvelle masse d’arme plus solide et plus meurtrière que la précédente.

J’ai demandé à un forgeron de la ville de Scavia(où on s’est finalement arrêté) de me la faire forger. C’est un forgeron Ork très efficace du nom de Rolff Forge Noire. En me raccompagnant à l’auberge où on s’était arrêté, il s’en est pris d’abord verbalement à Lak’ko, la T’Skrang, l’accusant d’être une esclavagiste. Je savais, parce que tu m’en avais parlé, qu’il y avait des esclaves Ork, mais je ne me doutais pas que je voyageais avec une des responsables de cette horreur. Et en plus, elle s’est fachée avec Rolff (il est gentil pourtant). Du coup, elle a reçu une flèche dans le dos, mais c’est pas grave, on l’a soignée. Et elle a dû faire un serment sur le sang, et doit maintenant un « service » à la cité.

Par contre, celle-là, on va devoir causer, parce que j’aime pas trop qu’on mette des Orks en esclavage. On verra ce qu’elle nous raconte, mais elle a intérêt à être claire sur ce point.

Bon, on doit repartir, et je ne sais pas quand je pourrai te donner des nouvelles.

Dis bonjour à mes frères et sœurs, même si je les aime pas trop. À bientôt.

Envoyé depuis la ville de Kratas

Chère Maman,

J’espère que tu as reçu ma précédente lettre, et j’espère que te voilà rassurée. Je vais bien, la mission qu’on nous a confiée se déroule plutôt bien, même si je ne comprends pas toujours les réactions de mes compagnon de voyage.

Wilga, la naine, on ne l’entend pas trop, mais je pense qu’elle veut vraiment aider, pour le bien de la mission. Puis, elle est magicienne, et ça, c’est épatant.

Balthazar, on ne sait jamais où il est, il disparaît comme ça puis réapparaît. Il est bizarre et il se dispute un peu avec Lak’ko. Je ne sais pas pourquoi, elle a dit la vérité au final, même si il a fallu lui forcer un peu la main. Je ne sais pas pourquoi Balthazar continue à lui chercher des crosses.

Briss, le capitaine de la nef, est quelqu’un de brutal, mais ses méthodes sont efficaces. Sauf quand il s’agit de piloter calmement. Il a failli envoyer Zwet par-dessus bord, ce qui heureusement n’arriva pas, même si Zwet a eu très peur, et ça m’a fort énervé. Ce type est une grosse brute, pas très malin et loin d’être poli. Mais il a l’air sincère.

C’est Briss qui a finalement fait parler Lak’ko : il l’a suspendue comme un jambon trop cru à une corde sous le bateau et il lui a posé des questions. Moi, j’aurais pu simplement la tenir a bout de bras et faire pareil, mais il a eu l’idée avant. Et pour parler, Lak’ko a parlé…

Lak’ko, je ne l’aime pas. D’abord parce qu’elle s’est battue avec le gentil forgeron qui a fait ma nouvelle masse, -mais ça je te l’ai déjà expliqué ; ensuite, parce qu’elle n’est pas honnête avec nous et qu’il a fallu lui apprendre à faire de la balançoire pour qu’enfin elle dise qui elle est. Mais surtout, j’aime pas ses manières de grande dame qui n’a jamais travaillé avec des animaux. Ses robes, ses machins, tout ça.
Elle a justifié les accusations portées contre elle en disant qu’elle était espionne pour le clan des Ishkarat, en conflit avec un autre clan, et qu’elle devait retrouver Denairastas. On a décidé ensemble de ne pas lui apprendre à voler tout de suite, mais je continuerai à la tenir à l’œil, crois-moi. J’ai pas oublié cette histoire d’esclaves Orks.

Le voyage s’est poursuivi presque sans problème jusque Daiche, où nous avons enfin débarqué. Zwet était ravi de retrouver enfin la terre ferme, et j’avoue, moi aussi. Au dock, ils ont négocié (très mal) la garde de la nef pour les quelques jours que nous devrons passer à Kratas, la ville des voleurs. Trop tard pour partir tout de suite, nous avons dû nous arrêter à une auberge à Daiche, l’auberge du Griffon Abyssin.

À l’auberge, le repas fût bon, même si c’est rare dans les auberges. Après le repas, il y a eu de la musique et des gens ont dansé. Lak’ko est allé changer de robe pour se faire « belle » ; Wilga a décidé de tester toutes les bières de l’auberge (moi, je suis resté fidèle à mon vœux !) ; Briss est allé prendre un bain avec une dame pas très habillée qui allait lui frotter le dos ; et moi, j’étais fatigué, je savais que Zwet avait ce qu’il fallait alors je suis allé dormir.

Le lendemain, j’ai appris que Lak’ko avait dormi chez le capitaine qui nous a accueilli au dock, mais surtout qu’on lui avait cambriolé sa chambre. C’est malin, fallait faire un peu plus attention. On lui a volé une belle cape, une broche, un sac et ses deux jolies arbalètes.  Et elle est persuadée que c’est Balthazar qui a fait le coup.

On est reparti avec la carriole de Lak’ko. Ca a fait du bien à Zwet de faire un peu d’exercice, il commençait à trouver le temps long à force de rien faire. On est  passé par un bosquet bizarre, et on s’est fait arrêter par un truc bizarre, qui nous a volé, après que Briss ait échoué dans sa tentative de passer malgré tout. Il s’est fait amocher, on a dû payer, et en fait c’était un illusionniste. Du temps perdu pour rien, des bosses pour Briss et des sous en moins, bref, pas un bon moment.

On a campé le soir dans une clairière. Balthazar semblait inquiet depuis un moment, mais comme il ne parle pas, je ne lui pose pas de questions, comme tu m’as appris à le faire. Une fois le couchage monté, je suis allé me coucher. Un peu avant de dormir, un gentil écureuil a sauté dans mes bras et est mort de peur en disant « le chasseur, le chasseur ». Tu me connais, je ne supporte pas qu’on fasse du mal à mes amis les animaux. Ça m’a vraiment très fort énervé, alors je suis sorti voir ce qui avait tellement effrayé le petit écureuil qu’il en est mort.

Dehors, j’ai vu Lak’ko parlant avec Balthazar, mais surtout tenant dans ses mains son arbalète. Là, j’ai vu rouge, et je l’ai corrigée comme j’ai pu avec le cadavre de l’écureuil qu’elle avait tué. Et je ne sais pas comment, je me suis endormi. Comme si on m’avait jeté un sort, je ne me rappelle pas vraiment de la suite.

Le lendemain, on est arrivé à Kratas, on a été pris en charge et là, je suis obligé de suivre des leçons pour être moins maladroit, ça va être dur. J’espère que tout ira bien, et qu’on pourra enfin continuer notre mission, et que je pourrai bientôt rentrer à la maison.

À bientôt maman, je t’écrirai dès que je le pourrai.
 
Ton fils, Moska

Lettre envoyée depuis Iopos

 Bonjour Maman !

Depuis ma dernière lettre, il s’est passé plein de choses que je vais te raconter ici. Je sais que j’aurais dû t’écrire plus tôt, je l’ai fait mais j’ai oublié de poster les lettres.
Tout d’abord, rassure-toi, Zwet va bien. Moi aussi d’ailleurs.

Pour les autres, c’est pas réjouissant : Balthazar est mort à Kratas, tué parce qu’il a été surpris à voler, ce qui est une honte pour un voleur. Et surtout dénoncé par Lak’ko. Briss l’a ensuite découpée comme un jambon fumé, sans qu’on ait eu réellement le moyen d’intervenir, pour la punir de ce qu’elle avait fait à Balthazar. Et sans doute parce que, comme tout le monde, il n’avait pas confiance en elle.
Une fois Lak’ko découpée par Briss sous le regard bienveillant de notre hôte et maître Aeral, on nous présenta un homme entravé. Mon premier réflexe fut de taper dessus, suivant l’adage du clan : « dans le doute, tape ! ». Heureusement, je l’ai presque raté.  Briss le détacha, et il s’est présenté : Bosco Braccus. Vraisemblablement, il nous suivait depuis un moment, dans le but d’attraper Lak’ko pour la goûter, vu que c’est un chasseur et qu’il essaye de manger tout ce qu’il chasse. On a essayé de lui expliquer qu’on ne mange pas les gens, c’est pas respectueux, mais il ne semble pas comprendre, ou pas avoir envie de comprendre.

Bosco a demandé s’il pouvait se joindre à notre compagnie, déjà fort diminuée, parce qu’on semble attirer à nous les ennuis, et que c’est plus simple d’attendre la proie plutôt que de la chasser. C’est pas idiot comme raisonnement.

Pendant dix jours, on a suivi une formation visant à nous améliorer, moi surtout pour essayer d’apprendre à être moins maladroit. À la fin de la formation, on nous présenta Amras Ombre-Lune Sylandel, un grand elfe aux cheveux noirs, accompagné par un feu follet. Amras est un mage illusionniste. Mais il ressemble surtout à un grand dépressif. Amras se joignit donc à nous.

Pour éviter qu’à nouveau on ne s’entretue, il fut décidé de poser un pacte de sang, une trame de groupe qui nous lierait entre nous. Nous décidâmes donc de nous appeler la compagnie des Manticores, en souvenir du monstre que nous avions terrassé. Ma masse d’arme devint donc le symbole de mon appartenance à ce groupe.

Le lendemain, j’ai présenté Bosco à Zwet, en essayant de lui faire comprendre que Zwet n’est pas une proie, c’est un membre de la compagnie au même titre que lui ou moi. Ça s’est pas trop mal passé, même si Zwet n’apprécie pas beaucoup l’aura de chasseur qui émane de Bosco. La suite nous le dira, mais j’ai l’impression qu’ils finiront tous les deux par s’y faire. À coup de cornes si il faut.

Nous sommes repassé par Daiche, où on nous posa la question de savoir où étaient Balthazar et Lak’ko, et on a été obligé de mentir. Difficile d’expliquer au capitaine Rakham, qui aimait bien Lak’ko, que Briss l’avait tuée pour venger Balthazar. Surtout avec Bosco qui malgré tout mangeait des petits bouts de T’skrangs.

On est finalement repartis, Briss au commandement du Faucon, les autres à la manœuvre. C’est marrant d’apprendre à piloter un bateau volant, même si voyager autrement qu’avec Zwet me fait toujours un effet bizarre. Ça a l’avantage d’aller vite. Le soir, je suis parti chasser avec Bosco. Il est vraiment bon chasseur, en plus il commence à bien s’entendre avec Zwet, qui le réveille amicalement à coup de corne. J’ai quand même dû expliquer à Zwet que Bosco fait partie de la compagnie et qu’il ne faut pas être trop brutal.

On est repartis en longeant le Bois de Sang, quand à un moment, Wylga a crié : « derrière, à droite ! ». Un autre bateau volant nous suivait et sans doute souhaitait nous arrêter. Briss essaya malgré tout de lui échapper, sans succès. Il faut dire que l’autre bateau volant était plus gros, et sans doute beaucoup mieux piloté. On n’a rien pu faire, ils nous ont abordés et ont mis le Faucon en remorque.

Ils nous ont remorqués jusqu’à leur Motte : la Motte des Griffes de Pierre, quelque part au Nord  des monts Scol. Arrivés à la Motte, Skurge, leur capitaine, nous pria de laisser nos effets personnels à bord et nous indiqua qu’il serait « mal avisé d’utiliser nos armes à l’intérieur de la Motte. »

On nous fit rentrer dans un grand bâtiment, où une grande table en U nous attendait. À cette table siégeait Skram, le chef de la Motte des Griffes de Pierre. Nous nous sommes présentés, puis ils nous ont appelé « Newot », ce qui semble vouloir dire « esclave ». et là, on nous a vraiment considéré comme des esclaves, sans réellement nous expliquer pourquoi. Mais comme ils étaient bien plus forts que nous, on a fait ce qu’ils demandaient, l’un amenait de la bière, l’autre distribuait du pain, moi je me suis occupé de la viande.

À la fin du repas, un invité supplémentaire arriva : un humain du nom de Artemus Dovinham, qui connaît personnellement Briss pour lui avoir offert le Faucon des Brumes. Et qui semble te connaître aussi, Maman, parce qu’il avait une lettre de toi (et un gros pot de mes épices préférées ! Merci Maman !) qui me sermonnait pour pas avoir donné des nouvelles. (Je suis désolé, j’ai oublié d’envoyer les lettres).

Artemus nous dit que Briss avait une dette, et qu’en tant que Compagnie soudée, il nous incombait de la régler : Briss devait être baptisé pour obtenir un nom complet, et que nous devions accomplir une épreuve qui lui permettrait de s’acquitter de cette dette, en rapport avec sa famille, sa motte, sa race et son honneur. Chacun d’entre nous devrait l’aider à prouver qu’il était un troll digne de ce nom. Moi, je devais représenter sa Famille.

Le lendemain matin, Skram indiqua à Briss qu’il avait jusqu’au coucher  du soleil pour s’acquitter de cette dette. Nous embarquâmes sur le Faucon avec Skurge à bord qui devait surveiller l’épreuve. Après une demi-heure de vol, une colonne de fumée apparut : voilà une bonne occasion de relever le défi  posé.

Un village flambait. Pendant que Briss manœuvrait pour approcher, Bosco sauta directement du bateau pour explorer le village. Nous le rejoignîmes rapidement, et nous ne trouvâmes que des cadavres brûlés d’Orks, d’humains et de trolls. Amras conclut qu’il devait s’agir du travail d’esclavagistes: les valides avaient été emmenés en chariot, les plus faibles massacrés sur place. Et tu sais à quel point je déteste les esclavagistes, qu’ils soient Orks ou non !

J’ai descendu Zwet du bateau, Wylga, Briss et moi en croupe, Amras sur son poney et Bosco à pied, en direction des traces de chariot. Il nous fallait rattraper ce convoi. Ce qui fut fait après deux heures de poursuite environ.

Là, ils ont commencé à causer tactique. Bosco et moi, on s’est regardé, et le courant est passé tout de suite. Depuis quand un cavalier fait autre chose que ce qu’il sait faire, à savoir charger ? Bosco partit à droite, bientôt invité par Zwet à se diriger plutôt vers la gauche, et le combat commença. Zwet piétinait, Bosco et Briss massacraient, j’usais de ma formidable masse, Wylga et Amras lançaient des sorts. Bref, ce fut un beau combat. Au final, on a massacré les esclavagistes et  libéré les prisonniers.

Une fois le combat terminé, on vit apparaître le Faucon de Brume. On embarqua le butin destiné à la Motte des Griffes de Pierre, on laissa partir les prisonniers avec les chariots et destination la Motte pour remplir le reste du contrat.

Sur le bateau, Bosco fit l’idiot en donnant du cœur de troll à manger à Skurge, qui vit rouge. On a dû intervenir, sinon Skurge le massacrait, et Skurge nous a proprement montré l’étendue de ses capacités de combattant. J’ai bien cru qu’on allait tous y passer tellement il était énervé. Et efficace. Heureusement, Bosco a rampé jusqu’à lui en s’excusant, sinon c’en était fini de la compagnie des Manticores.
Arrivés à la Motte, on nous mit au fer. Mais on soigna nos blessures, tout en expliquant encore une fois à Bosco qu’on ne peut pas manger le cœur des donneurs de nom.

On nous convoqua devant Skram. Briss et lui discutèrent, chacun de nous représenta Briss pour son honneur, sa famille, sa race et sa motte. Les Trolls étaient agressifs et vindicatifs. On a tant bien que mal défendus Briss en tant que membre de notre compagnie, Briss et Bosco allant même jusqu’à s’entailler avec la lame de Wylga. Mais le sang de Bosco ne coula pas. Et Briss reçut son nom : Briss Tranche-tête.
On est resté à la Motte une dizaine de jour, le temps pour chacun de reprendre l’entrainement, avec l’aide des Trolls.

Après dix jours, on est repartis en direction de Iopos. Le trajet en bateau fut assez calme. On a vu vers midi une sombre masse passer au-dessus de nous. Sinon, rien d’autre jusqu’au soir, quand on est descendu pour la nuit. Le Faucon descendait sans que Briss put faire quoi que ce soit, vers la brume opaque qui stagnait au niveau du sol. Bosco commençait à trépigner, signalant qu’il se sentait « la proie » de quelque chose, ce qui n’était pas dans ses habitudes de chasseur. Une fois au sol, il partit chasser ce « prédateur inconnu » avec Amras, qui revint une demi-heure plus tard. Sans succès au final. Bosco chassait toujours.

Des elfes apparurent, nous nous présentâmes en effectuant nos rituels artistiques pour montrer qu’on n’était pas marqués par une horreur. Quand Bosco réapparut une heure plus tard, il réalisa son rituel artistique en me tatouant une Dyre sur le dos. D’un coup, je me sentis plus fort, plus résistant, comme s’il avait accompli un acte de magie.

Les elfes nous escortèrent vers un village d’une vingtaine de maisons réparties autour d’une Tour. Ils nous installèrent au premier étage, dans une espèce de chambre. Là, sans qu’on ne puisse y échapper, un piège se déclencha, envoyant des fléchettes empoisonnées dans notre direction. J’ai bien essayé de lutter du mieux que je pouvais, comme mes camarades, j’ai sombré dans le sommeil.

Le lendemain, au réveil, Bosco sentait toujours cette sensation d’être chassé. Il nous fit exécuter nos rituels artistiques et l’évidence apparu : nous étions marqués par une horreur. Toujours dans la tour, nous avons commencé à l’explorer après avoir récupéré nos affaires. Dans une pièce, des cadavres en armures qui semblaient garder une porte. Bosco brisa la porte et on reçut une  de feu en pleine face. Merci Bosco ! à l’intérieur, une sorte de temple avec une statue de Garlen. Après être rentré armé dans la pièce, je sombrais dans l’inconscience. On me sortit et je rentrai sans mes armes : on ne pouvait pas y pénétrer armé. En priant la Passion, nous fûmes guéris de nos blessures.

On a continué à visiter la tour, dans une cuisine complètement dévastée, on s’est fait attaquer par des Vers Krils, qu’on a eu du mal à vaincre. On a continué à monter, suivant notre ordre de bataille établi : Bosco et moi devant, prêt à affronter le premier choc, Wylga et Amras ensuite, prêts à lancer des sorts, et Briss en soutien derrière pour éviter qu’on se fasse attaquer dans le dos.

Arrivés sur le toit, la brume envahissait tout, on ne voyait rien. Et bien sûr, on s’est fait immédiatement attaquer par des créatures volantes et invisibles ! quelle journée ! Personne ne distinguait les assaillants, hormis Wylga qui à l’aide de sa vision astrale, remarqua trois Raies-scorpions aux dards empoissonnés. Bosco et Amras avaient déjà été piqués. Autant Bosco ne s’en rendait presque pas compte, autant Amras dû descendre de la plateforme pour se soigner. Moi, j’ai pris le pli de servir de bouclier à Wylga, qui serait mes yeux. Briss se précipita dans la colombière qui était au milieu du toit, on entendit un hurlement spectral et il s’écroula. 

Bosco vit une danseuse spectrale et se mit à danser avec elle. Entretemps, Wylga et moi, on est descendus voir comment allait Amras, les Raies-scorpions nous ont suivi, Amras en a blessé une, j’ai essayé d’en toucher une autre et n’ai réussi qu’à blesser Wylga… décidément, il faudrait que j’apprenne à être un peu plus adroit : mon surnom de Disloque-tout me va vraiment trop bien ! les autres ont finalement pu se débarrasser des Raies –scorpions, et on est remontés sur le toit. Bosco, couvert de blessures, dansait toujours. La danseuse spectrale se matérialisa à la fin de la danse, et nous indiqua qu’il nous fallait vaincre l’horreur tapie dans les catacombes. Après une dernière prière dans le temps de Garlen, on est descendus vers les catacombes.

Briss ayant trouvé un plan des cryptes, Wylga nous fit descendre. Là, on vit une obélisque noire que Bosco eut la bonne idée de toucher : ça le guérit complètement et nous fîmes de même. Aptes à continuer, nous fîmes comme d’habitude : toujours aller dans la même direction, puis reprendre dans le sens opposé. Dans les cryptes, on s’est battu avec des Goules, Bosco a eu peur (étonnant, lui qui n’a peur de rien) de statues de Gargouilles qu’on a dû détruire, on s’est battu avec des Cadavreux, pour finalement affronter l’horreur. On s’y est tous mis, on a pris des coups, on a failli y passer, mais on a fini par l’avoir ! il ne nous reste plus qu’à remonter pour mettre un terme à la malédiction posée sur ce village. Et on sent qu’on est plus marqués !

Tu vois Maman, il s’en passe des choses hors du village ! J’apprends plein de choses en compagnie de mes amis. Et tu vois, au final, je ne m’en sors pas trop mal, malgré le fait que je suis toujours aussi maladroit. Si j’oublie pas de l’envoyer, tu devrais recevoir cette lettre d’ici peu.

Ton fils, Moska

A suivre...