Journal de Lak'ko
Son Histoire
Des prémices du Lac Vors jusqu’au contrat d’Elenassi Le’guldur, le Maître de la Caravane d’Oray
J’aurais pu mener une existence aseptisée et indolente, dans un environnement aristocratique, bien à l’abri des hautes tours du « Niall » du Clan Ishkarat, au milieu des vagues ondoyantes du Lac Vors.
Néanmoins, mon esprit aspirait à vivre quelque chose de plus exaltant, tandis que mes journées s’égrainaient et se gaspillaient dans l’assimilation des bonnes manières, l’application des codes de convenance et de protocole, la gestuelle impeccable d’une T’skrang bourgeoise, moulée dans sa longue robe d’apparat. J’étais prisonnière d’un carcan de faux–semblants, asphyxiée par le poids de ce maniérisme outrancier, dans lequel je m’intégrais de moins en moins.
La « Shivalahalla », soucieuse de ma détresse, me convoqua et me recommanda de me forger ma propre destinée. Ses paroles résonnent encore dans mon esprit, tel un quartz luminescent au milieu d’une épaisse brume : « Lak'ko, si la Fortune ne bâtit pas ton Avenir, l’Aventure défrichera les sentes de ton Destin. Les courants du Fleuve Serpent sont parfois impétueux. Apprends donc à manipuler l’arme qui te correspondra. Cette dernière sera ta meilleure alliée … »
Je m’intéressais à brûle–pourpoint au tir à l’arc. Je ne me limitais pas seulement à aiguiser la précision de ma flèche sur une cible ; je développais, en parallèle, ma capacité d’observation et une nouvelle philosophie de vie. L’attrait inné des T’skrangs pour la mécanique précise m’exhorta à préférer une arbalète à un arc. L’assemblage vétilleux de ces pièces de métal – qu’elles soient rouages, leviers ou manivelles – sur son support de bois symbolisait une symbiose parfaite, une arme compliquée qui personnifiait une harmonie éthique. Vhi’ran Xemo, un Adepte–Archer attaché à la garde de la Citadelle d’Ishkarat, devint mon « Maître », le temps nécessaire pour d’acquérir les bases et les aptitudes à cette Voie.
À l’aube de mes 17 ans, je ne pus résister à l’appel de l’aventure. Je m’armais et, tandis que je terminais mon paquetage de départ, ma « Shivalahalla » me fit appeler et m’encouragea à gagner Travar. Elle demeura assez évasive, me prétextant que je comprendrais une fois sur place. « Lak'ko, tu ne pourras jamais renier cette grandiloquence passée. Elle est imprégnée dans ton inconscient. Au lieu de la repousser, use–en comme un atout qui t’épaulera dans ta nouvelle quête. Pars pour Travar. »
Au terme d’une croisière de deux semaines sur le Fleuve Serpent, le bateau à roues à aubes T’skrang arriva en vue de Travar. L’ancienne et prospère cité marchande, épargnée des affres du Châtiment, était reconnaissable à ses tours de marbre blanc surplombant les berges du Fleuve Serpent. Je parvins, en une année, à accroître les activités d’une poissonnerie fine, baptisée « Les Saveurs du Serpent ». La vente de plats raffinés aux fortunés de Travar m’assura un commerce rentable et des bénéfices substantiels pouvant m’aider à financer mes aventures à travers Barsaive.
Son aventure
Je reçus un jour une missive de ma « Shivalahalla ». J’étais convié à exécuter une mission discrète en l’honneur du Clan Ishkarat.
Le 11 du mois de Rua, au soir, un lad me conduisit dans une luxueuse demeure louée, pour l’occasion, par un Elfe calme et posé, affublé d’habits amples ocre, du nom d’Elenassi Le’guldur. Elenassi Le’guldur était un Élémentaliste de sixième cercle et Maître de la Caravane d’Oray. Autour de la table étaient réunis mes compagnons de voyage : Balthazar, un intriguant Elfe, Wylga Thorindor, une Naine, Briss, un Troll et Moska, un Ork.
Au terme d’une soirée relativement arrosée et d’un somptueux repas, le Maître de la Caravane d’Oray nous expliqua la teneur de notre mission commune : retrouver la trace de son jeune apprenti, un Élémentaliste prénommé Thademrock Dombur, qui accompagnait une dignitaire de haut rang, Althéa Sombre Rêve, en vue d’une tractation commerciale à Vivane, en passant par Crochet de Fer.
Un accord de principe avec la Caravane d’Oray fut conclu par l’acceptation d’une bourse renfermant 50 pièces d’or. Les nouvelles de cette mission devaient être transmises par missive à cette même adresse.
D’interrogations et de tergiversations, il apparut qu’Althéa Sombre Rêve était une Elfe de Sang. Elle était escortée, dans sa quête, outre de Thademrock Dombur, par deux Hommes : Daroussac Denairastas et Tchuck Norix, un ancien esclave, Questeur de Lochost.
Le Clan Denairastas, pour information, est la famille qui dirige la Cité–État d’Iopos. La Cité–État d’Iopos est une ville qui a su être préservée du Châtiment. La Cité–État d’Iopos souffre de dissensions avec Throal.
Elenassi Le’guldur insista que, quoique le groupe soit soudé, il existait des divergences internes entre les membres de ce groupe. Elenassi Le’guldur confia que ce groupe s’était formé au terme d’un jeu cruel à Kratas. Le Maître de la Caravane d’Oray leur recommanda une personne de contact à Kratas : Earall.
J’offris l’hospitalité à Balthazar, à Wylga Thorindor, à Briss et à Moska dans mes appartements privatifs, à l’étage de ma poissonnerie fine, baptisée « Les Saveurs du Serpent ». Je confiais que si, par malheur, je retrouvais le corps de Daroussac Denairastas, je devais récupérer un artefact particulier dans le but d’assurer la continuité des liens diplomatiques étroits entre le Clan Ishkarat et la Famille Denairastas d’Iopos.
Le 12 du mois de Rua. Deux heures avant l’aube. Mon charriot tracté par la Dyre de Moska fut chargé à bord du bateau volant de Briss. La capitainerie de la Cité de Travar fut avertie du motif de notre départ. Ainsi, le moment venu, le bateau volant s’ébranla à ras des flots, en direction la ville portuaire T’skrang de Daiche, halte improvisée pour y laisser le bateau volant de Briss, avant de rejoindre Travar par route, avec mon charriot, pour éviter tout risque inutile.
Le trajet ne devait pas excéder quatre jours. Si le vol s’étira dans un calme relatif jusqu’en milieu de journée, une tranquillité soudaine et inattendue nous incita à éveiller notre vigilance. De surcroît, une Manticore, en provenance du Sud, s’élançait vers le bateau volant. Au terme d’un affrontement aérien entre la Manticore et les prouesses de navigateur de Briss, l’affrontement avec la bête devint inévitable. L’esprit d’équipe parvint à terrasser la Manticore, de flanc, sur le pont du navire aérien de Briss.
Moska dépeça l’animal pour en récupérer ce qui pouvait l’être. Un détour par Scavia fut décidé à l’unanimité. La peau de la Manticore ainsi que les ailes de chauve–souris furent troquées pour un montant de 75 pièces d’argent. Il fut aussi appris que l’Ambassadrice du Bois de Sang Althéa Sombre Rêve fit une halte par Scavia, il y a environ deux ans. Elle était seule et circulait à bord d’un rutilant carrosse. La seule impression unanime qui subsista de son passage était sa froideur et son caractère hautain.
Et puis, en une fraction de secondes, à la vue des armoiries du Clan Ishkarat, la soldatesque me considéra d’un œil réprobateur. Je fus mise à l’écart, comme la plus vile des misérables. Les soldats reprochèrent au Clan Ishkarat d’être des alliés Indéfectibles de l’Empire Théran de Vivane. Ils pestèrent que des T’skrangs du Clan Ishkarat s’étaient joints aux esclavagistes pour enlever des habitants dans les environs et pour en assassiner d’autres, tout en détruisant leurs villages par les flammes. Je demeurais pétrifiée par ces accusations gratuites. Je savais pertinemment bien que seul le Clan K’tenshin intriguait avec l’Empire Théran. Jamais le Clan Ishkarat ne serait abaissé à de si nuisibles artifices. D’un autre côté, il se référait aux armoiries du Clan Ishkarat. Je doutais à présent de mon propre Clan. Mais, je ne pouvais pas douter. Je ne pouvais pas me défendre contre la population de Scavia qui me jugeait déjà coupable. Coupable d’être une espionne à la solde de l’Empire Théran. Coupable d’épouser la cause des esclavagistes alors qu’il n’en était rien. Et, le plus grave, mes compagnons de voyage doutaient à présent de mon intégrité. La suspicion se lisait dans leur regard. Je subissais les humiliations sans broncher, jusqu’au moment où les insultes outrancières du Maître Forgeron me firent sortir hors de moi. Une grave erreur, s’il en est. L’intégrité du Clan Ishkarat était mise en doute. Acculée à un marché de dupe, je fus contrainte d’accepter un contrat de sang, sous la forme d’un service de ma part ou, à défaut, d’un membre du Clan Ishkarat, envers la Cité de Scavia.
L’emportement présage souvent de l’abêtissement surtout si vous êtes poussée dans vos ultimes retranchements. Pourquoi une menace de mort ? Une parole stupide, dont on pèse, beaucoup trop tard, les conséquences …
De Scavia à Daiche jusqu’à Kratas
Le 13 du mois de Rua me laisse encore un goût amer en travers de la mâchoire. Les mésaventures dans la Cité de Scavia avaient focalisé une méfiance hostile de mes compagnons de voyage à mon égard. Ainsi, à mon réveil, j’étais emprisonnée et ballotée au gré d’une corde depuis le pont du bateau volant de Briss. Si la situation n’avait pas été aussi critique, mon franc–parler aurait pu commenter que mon « existence ne tenait qu’à un fil » – tenu, certes, ce fil !
Face aux regards réprobateurs de Balthazar Ombre–Nuit, de Wilga Thorindor, de Briss et de Moska, je fus contrainte de livrer la motivation de mes agissements à Scavia.
Qu’il est parfois oppressif de conjuguer les impératifs d’être sujet d’un groupe et ma mission primaire de veiller aux intérêts du Clan Ishkarat. Je révélais donc « œuvrer », à Travar, pour le compte du Clan Ishkarat. Je rétorquais que le Clan Ishkarat étant ma famille, les insinuations infondées soulevées par Rolph à son égard avaient été une insulte grave. Il était de mon honneur de défendre mon Clan, même si l’ennemi était plus puissant que moi. La fuite aurait été une escobarderie éhontée. La menace de mort fut le fruit de mon acerbité, c’est tout. J’argumentais encore que la Maison Ishkarat se heurtait à énormément d’ennemis prêts à tout pour freiner son expansion le long du Fleuve Serpent. L’Empire Théran disposait d’un allié indéfectible au sein du Fleuve Serpent en la Maison K’tenshin. Pourquoi le Clan K’tenshin n’aurait–il pas fomenté un guet–apens impliquant des esclavagistes et des agents sous le couvert des armoiries du Clan Ishkarat ? Je comptais enquêter, faire jaillir la vérité, du moins si mes compagnons de voyage m’en laissait l’opportunité.
Je rajoutais encore que l’omnipotente Famille Denairastas d’Iopos était l’alliée traditionnelle de la Maison Ishkarat. La principale motivation de ma mission était de retrouver Daroussac Denairastas : les bonnes ententes doivent s’entretenir …
Les doutes semblèrent aplanis. Je décidais d’ôter toutes mes armoiries visibles pour une question de discrétion. Mes propos avaient visiblement intrigués l’elfe Balthazar Ombre–Nuit. Il me rapporta les bribes d’une conversation perçue dans l’une des nombreuses auberges qu’il avait fréquentées. Un émissaire de la Maison K’tenshin aurait assassiné une tierce personne à la requête expresse de la Famille Denairastas. Une confession qui souleva nombre d’interrogations dans mon esprit : pourquoi Iopos, l’allié inaltérable du Clan Ishkarat, complotait contre lui avec son ennemi héréditaire, le Clan K’tenshin ? Si cette conversation reflétait une nouvelle politique de la Famille Denairastas, la Maison Ishkarat risquait d’en subir rapidement les déconvenues stratégiques et politiques.
Le voyage en direction de Daiche reprit sans grand évènement notoire, à l’exception d’une ombre au sol, sous l’épais tapis de frondaisons d’arbres, qui, ostensiblement, cherchait à nous courser. Vers la fin de l’après–midi, le bateau volant accosta sur le Dock de Daiche, un petit village d’une centaine de maisons en bordure du Fleuve Serpent. Nous apportâmes la preuve que nous n’étions pas marqués. En haut de la Tour de la Vigie, je négociais avec le Capitaine T’skrang R’akam la surveillance du bateau volant de Briss pour une durée de six jours, à un coût de 25 pièces d’or, autour d’un thé aux plantes revigorantes, agrémenté d’un soupçon d’alcool. Le Capitaine T’skrang R’akam nous recommanda de passer la nuit à l’Auberge du Griffon Abyssin. Nous y arrivâmes vers 21h00. L’Auberge du Griffon Abyssin avait l’allure d’une ferme fortifiée. L’auberge comptait trois bâtiments différents dont le principal, d’une longueur de cinquante mètres réparti sur quatre étages, était l’auberge à proprement parler. Malgré l’heure tardive et sans réservation, à part la recommandation du Capitaine T’skrang, deux chambres purent nous être préparées : une pour les mâles et une seconde pour les femelles. Nous fûmes installés à une table au centre de la salle commune, à proximité du bar. Un verre de vin Sylphelin nous fut offert. J’en goûtais un soupçon. Au terme d’un somptueux repas, je décidais alors de revêtir ma robe d’apparat bordeau et dorée. Redescendue de ma chambre dans mon étincelante toilette, le Capitaine T’skrang R’akam m’invita à danser durant près de deux heures, sous la musique entraînante d’un certain troubadour Jehan.
La nuit se termina dans la masure du Capitaine T’skrang R’akam. Le sexe est parfois corollaire d’informations, même dans le futur.
L’aube du 14 du mois de Rua mentionnait à peine 5h30 quand, de retour dans ma chambre à l’Auberge du Griffon Abyssin, je constatais que mes affaires avaient été retournées. Ma cape en peau d’espagra de bonne qualité, ma broche de garde ainsi que mon sac léger avaient disparu. Mes deux arbalètes légères avaient aussi été volées et remplacées par deux vulgaires arbalètes légères standards. Un vicieux avait même ôté l’armoirie d’Ishkarat avec force et mépris. Mes récriminations demeurèrent vaines. J’avais toutefois des soupçons à l’égard de Balthazar Ombre–Nuit. La fourberie nourrissait sa discipline. Il avait l’opportunité suite à mon absence ainsi que les ressources nécessaires pour briser les sécurités élémentaires.
Vers 9h00, nous partîmes à bord de ma carriole tirée par Zwet, l’énorme familier bovidé de Moska. La journée s’étira tranquillement sous un soleil bienveillant, au milieu d’une plaine légèrement boisée. En début d’après–midi, au détour d’un bosquet, une forme sauta devant la charrette et revendiqua un droit de passage. S’il fut un Elfe pour certains et un Ork pour Wilga Thorindor qui avait éventré les brumes de la supercherie, Hangar n’en demeurait pas moins un brillant Illusionniste.
Balthazar Ombre–Nuit échouait d’empoisonner l’illusion ; Briss, vaincu dans un combat à mains nues, était emprisonné par deux gigantesques mains caillouteuses surgies des entrailles du sol. Quant à moi, Wilga Thorindor et Moska, nos attaques répétées sur l’illusion ne furent pas plus brillantes.
Nous conclûmes ainsi un accord de passage tandis que le dénommé Hangar ricanait entre ses dents, triturant la monnaie en or chichement gagnée.
Je me rendis compte que les traces laissées par les roues de la charrette disparaissaient au fur et à mesure de notre progression. Wilga Thorindor m’affirma que cette illusion nourrissait certainement le stratagème d’Hangar pour appâter ses futures proies.
Nous campâmes en soirée dans une clairière ceinturée d’énormes arbres. Au moment de sortir pour mon tour de garde, armée de mon arbalète, un écureuil mourut de peur, sursautant que j’étais venue chasser. À la vue de l’innocent écureuil décédé, Moska entra en Gahad incontrôlé, nourrissant sa rancœur à mon égard. Il me frappa à coups d’écureuil jusqu’au moment où je fus inconsciente.
Le 15 du mois de Rua. Me frapper sur une incompréhension devient une habitude avec ces compagnons de voyage … Moska s’excusa de cette bévue. Par contre, Balthazar Ombre–Nuit devait répondre à mes accusations. Il s’était emparé de mon arbalète lourde lors de mon sommeil et me l’avait remise, un sourire ricanant aux lèvres. Je l’enjoignais de révéler la vérité. Il me restituait les fils d’or de mes armoiries, dérobés encore à la volée. Il réfutait les accusations de vol à l’auberge du Griffon Abyssin. Il mentait. Je ne pouvais pas lui faire confiance.
Le voyage reprit avec, à perte de vue, une plaine uniforme jaunie. Nous arrivâmes enfin devant Kratas, la Cité des Voleurs. C’était une ville de mousse et de rocailles, un véritable cloaque.
Passé le corps de garde et la confirmation de notre non–marquage, ma charrette fut parquée et gardée. Le groupe fut conduit chez le contact d’Elenassi Leguldur à Kratas : Earal. Le groupe s’avança dans des rues insécurisées puis gagna un entrelacs de ruelles encore plus inquiétantes. Ils débouchèrent sur une maison de briques rouges, menant sur une autre rue où des serviteurs conduisirent le groupe au Messire Earal. Earal se tenait dans une maison spartiate. Son bureau administratif était somme tout basique. Il pria Briss, Wilga Thorindor et Moska de rejoindre des maîtres respectifs dans l’optique d’évoluer dans leurs disciplines.
Durant ce laps de temps, Earal voulut régler les soupçons qui planaient entre moi et Balthazar Ombre–Nuit sur le vol de mes affaires. À la prononciation du nom de Balthazar Ombre–Nuit, Earal égorgea Balthazar Ombre–Nuit de la pointe de son stylet empoisonné. Un voleur ne peut jamais être pris sur le fait ou soupçonné, à vrai dire, sinon la sanction est implacable. Earal me remit le symbole de voleur de Balthazar Ombre–Nuit. En fin de journée, autour d’une chope d’eau, de pain, de fromage et de viande séchée, Earal attendait de répondre à nos interrogations quant à Thademrock Dombur, Althéa Sombre Rêve, Daroussac Denairastas et T’Chuck Noorix.
Le journal de Lak'ko semble ne pas comporter de suite et a été publié lors des fêtes de la Terre 1505 au Niall du Clan Ishkarat.
